Litteratura.com
Recherche    
Charles Baudelaire
Sa vieCorrespondanceBiographiePersonnages
Son œuvre Critiques Essai Journal Nouvelles Prose Vers
RegardsArticlesAxes d'étudesContemporains
oeuvre
Vers  -  À voir aussi : Critiques Essai Journal Nouvelles Prose 

Les Fleurs du mal

Seconde édition

retour à l'accueil de l'oeuvre
retour au choix de l'oeuvre

LXXXIX. Le Cygne

<< Voir les Pages liées à ce texte 
 Définition  | Taille du texte  1  2  3  |  < Précédent  Suivant >  |   Télécharger cette oeuvre

   I
   
    Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
    Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
    L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
    Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,
   
    A fécondé soudain ma mémoire fertile,
    Comme je traversais le nouveau Carrousel.
    Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
    Change plus vite, hélas ! Que le cœur d'un mortel) ;
   
    Je ne vois qu'en esprit tout ce camp de baraques,
    Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
    Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
    Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.
   
    Là s'étalait jadis une ménagerie ;
    Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
    Froids et clairs le Travail s'éveille, où la voirie
    Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,
   
    Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
    Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
    Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
    Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec
   
    Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
    Et disait, le cœur plein de son beau lac natal :
    " Eau, quand donc pleuvras-tu ? Quand tonneras-tu, foudre ? "
    Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,
   
    Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
    Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
    Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
    Comme s'il adressait des reproches à Dieu !
   
   II
   
    Paris change ! Mais rien dans ma mélancolie
    N'a bougé ! Palais neufs, échafaudages, blocs,
    Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
    Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
   
    Aussi, devant ce Louvre une image m'opprime :
    Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
    Comme les exilés, ridicule et sublime,
    Et rongé d'un désir sans trêve ! Et puis à vous,
   
    Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
    Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
    Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
    Veuve d'Hector, hélas ! Et femme d'Hélénus !
   
    Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
    Piétinant dans la boue, et cherchant, œil hagard,
    Les cocotiers absents de la superbe Afrique
    Derrière la muraille immense du brouillard ;
   
    À quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
    Jamais, jamais ! À ceux qui s'abreuvent de pleurs
    Et tètent la Douleur comme une bonne louve !
    Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !
   
    Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
    Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
    Je pense aux matelots oubliés dans une île,
    Aux captifs, aux vaincus !... À bien d'autres encor !


Pages liées




Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. -- - Je ne suis donc pas partisan de la rature ; elle trouble le miroir de la pensée. -- Je sens vibrer en moi toutes les passions d'un vaisseau qui souffre -- Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ? -- Insouciants et taciturnes, Des Ganges, dans le firmament, Versaient le trésor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant. -- Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière. -- Homme libre, toujours tu chériras la mer ! -- Je sens vibrer en moi toutes les passions d'un vaisseau qui souffre -- Liberté et fatalité sont deux contraires ; vues de près et de loin, c'est une seule volonté. -- L'orgie n'est plus la soeur de l'inspiration : nous avons cassé cette parenté adultère. -- Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, premi?re ?dition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde ?dition (1861)
Le Spleen de Paris
Mon coeur mis ? nu
Les Paradis artificiels
Comment on paie ses dettes quand on a du g?nie
Conseils aux jeunes litt?rateurs
Les Drames et les romans honn?tes
Peintres et aquafortistes
Morale du joujou
Madame Bovary par Gustave Flaubert
Du Vin et du Haschisch
Fus?es
Le mus?e classique du bazar Bonne-Nouvelle
Exposition universelle
Les Mis?rables par Victor Hugo
Richard Wagner et Tannh?user ? Paris
Le peintre de la vie moderne
Choix de maximes consolantes sur l'amour
L'?cole pa?enne
Les fleurs du mal, fleurs maladives, la fleur du mal, fleurs du mal de Charles Baudelaire. Les Fleurs du mal Le Spleen de Paris, Les Petits po?mes en prose,po?sie en prose, recueil majeur. Le Spleen de Paris
 
 
"Que la beauté du corps est un sublime don Qui de toute infamie arrache le pardon."