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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
   
    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
   
    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
   
    C'est le diable qui tient les fils qui nous remuent !
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
    Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
   
    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
   
    Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
    Et, quand nous respirons, la mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
   
    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C'est que notre âme, hélas ! N'est pas assez hardie.
   
    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,
   
    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde ;
   
    C'est l'ennui ! - l'œil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !


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L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- Pourquoi les démocrates n'aiment pas les chats, il est facile de le deviner. Le chat est beau; il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté, etc. -- La musique creuse le ciel. -- J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or. -- J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- La musique creuse le ciel. -- Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art. -- Plus encore que la vie -- J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or. -- Le beau est toujours bizarre. -- Pourquoi les démocrates n'aiment pas les chats, il est facile de le deviner. Le chat est beau; il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté, etc.Le Salon de 1845
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