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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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CIX. La Destruction

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    Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ;
    Il nage autour de moi comme un air impalpable ;
    Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon
    Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.
   
    Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,
    La forme de la plus séduisante des femmes,
    Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
    Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.
   
    Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
    Haletant et brisé de fatigue, au milieu
    Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,
   
    Et jette dans mes yeux pleins de confusion
    Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
    Et l'appareil sanglant de la Destruction !


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J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- De ce ciel bizarre et livide, Tourmenté comme ton destin, Quels pensers dans ton âme vide Descendent ? Réponds, libertin. -- On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant. -- Donnez moi la force et le courage de contempler mon cœur et mon corps sans dégoût. -- La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. -- Tout enfant, j'ai senti dans mon coeur deux sentiments contradictoires, l'horreur de la vie et l'extase de la vie. -- Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. -- Le poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer; Exilé sur le sol au milieu des huées, -- Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur. -- Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais. -- Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi !Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, premi?re ?dition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde ?dition (1861)
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Comment on paie ses dettes quand on a du g?nie
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"Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux."