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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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VIII. La Muse vénale

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    Ô muse de mon cœur, amante des palais,
    Auras-tu quand janvier lâchera ses Borées,
    Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
    Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?
   
    Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées
    Aux nocturnes rayons qui percent les volets ?
    Sentant ta bourse à sec autant que ton palais,
    Récolteras-tu l'or des voûtes azurées ?
   
    Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
    Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir,
    Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,
   
    Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
    Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas,
    Pour faire épanouir la rate du vulgaire.


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Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur. -- Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. -- J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. -- - Je ne suis donc pas partisan de la rature ; elle trouble le miroir de la pensée. -- Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste. -- La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté. -- J'implorais d'elle un rendez-vous, Le soir, sur une route obscure. Elle y vint ! - folle créature ! Nous sommes tous plus ou moins fous ! -- Toute littérature dérive du péché. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. -- Le beau est toujours bizarre. -- Je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau !Le Salon de 1845
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"Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur."