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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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VIII. La Muse vénale

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    Ô muse de mon cœur, amante des palais,
    Auras-tu quand janvier lâchera ses Borées,
    Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
    Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?
   
    Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées
    Aux nocturnes rayons qui percent les volets ?
    Sentant ta bourse à sec autant que ton palais,
    Récolteras-tu l'or des voûtes azurées ?
   
    Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
    Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir,
    Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,
   
    Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
    Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas,
    Pour faire épanouir la rate du vulgaire.


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J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. -- Profondeur immense de la pensée dans les locutions vulgaires, tous creusés par des générations de fourmis. -- Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini. -- Ne cherchez plus mon coeur, les bêtes l'ont mangé -- Etre un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux. -- Qu'est-ce que l'amour ? Adorer, c'est se sacrifier et se prostituer. -- Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. -- Toute littérature dérive du péché. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. -- Homme libre, toujours tu chériras la mer !Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, premi?re ?dition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde ?dition (1861)
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Comment on paie ses dettes quand on a du g?nie
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"Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre."