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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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VIII. La Muse vénale

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    Ô muse de mon cœur, amante des palais,
    Auras-tu quand janvier lâchera ses Borées,
    Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
    Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?
   
    Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées
    Aux nocturnes rayons qui percent les volets ?
    Sentant ta bourse à sec autant que ton palais,
    Récolteras-tu l'or des voûtes azurées ?
   
    Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
    Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir,
    Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,
   
    Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
    Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas,
    Pour faire épanouir la rate du vulgaire.


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Par l'âpreté, la finesse et la certitude de son dessin, M. Méryon rappelle ce qu'il y a de meilleur dans les anciens aquafortistes. -- L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes! Aux yeux du souvenir que le monde est petit! -- J'implorais d'elle un rendez-vous, Le soir, sur une route obscure. Elle y vint ! - folle créature ! Nous sommes tous plus ou moins fous ! -- La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. -- Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ? -- Le poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer; Exilé sur le sol au milieu des huées, -- Le rire est satanique, il est donc profondément humain. -- J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- Homme libre, toujours tu chériras la mer !Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
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Les fleurs du mal, fleurs maladives, la fleur du mal, fleurs du mal de Charles Baudelaire. Les Fleurs du mal Le Spleen de Paris, Les Petits po?mes en prose,po?sie en prose, recueil majeur. Le Spleen de Paris
 
 
"Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui."