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Les Fleurs du mal

Première édition

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LXXXVI LA BÉATRICE

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    Dans des terrains cendreux, calcinés, sans verdure,
    Comme je me plaignais un jour à la nature,
    Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
    J'aiguisais lentement sur mon cœur le poignard,
    Je vis en plein midi descendre sur ma tête
    Un nuage funèbre et gros d'une tempête,
    Qui portait un troupeau de démons vicieux,
    Semblables à des nains cruels et curieux.
    A me considérer froidement ils se mirent,
   
   
   
    Et, comme des passants sur un fou qu'ils admirent,
    Je les entendis rire et chuchoter entre eux,
    En échangeant maint signe et maint clignement d'yeux :
   
   
    — « Contemplons à loisir cette caricature
    Et cette ombre d'Hamlet imitant sa posture,
    Le regard indécis et les cheveux au vent.
    N'est-ce pas grand pitié de voir ce bon vivant,
    Ce gueux, cet histrion en vacances, ce drôle,
    Parcequ'il sait jouer artistement son rôle,
    Vouloir intéresser au chant de ses douleurs
    Les aigles, les grillons, les ruisseaux et les fleurs
    Et même à nous, auteurs de ces vieilles rubriques,
    Réciter en hurlant ses tirades publiques ? »
   
   
    J'aurais pu — mon orgueil aussi haut que les monts
    Recevrait sans bouger le choc de cent démons ! —
    Détourner froidement ma tête souveraine,
    Si je n'eusse pas vu parmi leur troupe obscène
    — Crime qui n'a pas fait chanceler le soleil ! —
    La reine de mon cœur au regard nonpareil,
    Qui riait avec eux de ma sombre détresse
    Et leur versait parfois quelque sale caresse.
   
   
   
   


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Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Le rire est satanique, il est donc profondément humain. -- Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. -- Pourquoi les démocrates n'aiment pas les chats, il est facile de le deviner. Le chat est beau; il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté, etc. -- Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage, l'Art est long et le temps est court. -- Tout enfant, j'ai senti dans mon coeur deux sentiments contradictoires, l'horreur de la vie et l'extase de la vie. -- Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage, l'Art est long et le temps est court. -- L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, première édition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde édition (1861)
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L'école païenne
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"Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur." 
 
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