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Les Fleurs du mal

Première édition

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XCIII L'ÂME DU VIN

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    Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles :
    — « Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
    Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
    Un chant plein de lumière et de fraternité !
   
   
    Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
    De peine, de sueur et de soleil cuisant
    Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme :
    Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,
   
   
   
    Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
    Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
    Et sa chaude poitrine est une douce tombe
    Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
   
   
    Entends-tu retentir les refrains des dimanches
    Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
    Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
    Tu me glorifieras et tu seras content :
   
   
    J'allumerai les yeux de ta femme ravie ;
    A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
    Et serai pour ce frêle athlète de la vie
    L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.
   
   
    En toi je tomberai, végétale ambroisie,
    Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
    Pour que de notre amour naisse la poésie
    Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! »
   
   
   
   


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Toute littérature dérive du péché. -- Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ! -- Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais. -- Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière. -- Qu'est-ce que l'amour ? Adorer, c'est se sacrifier et se prostituer. -- Il y a, dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. -- Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. -- Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde. -- Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, première édition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde édition (1861)
Le Spleen de Paris
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Choix de maximes consolantes sur l'amour
L'école païenne
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"Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur." 
 
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