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1821
9 Avril
Naissance de Baudelaire au n°13 de la rue Hautefeuille à Paris. Sa mère, Caroline Archenbaut-Defayis (Dufaÿs ou Dufays, par corruption) a 27 ans. Son père, Joseph-François Baudelaire, est quant à lui séxagénaire.
Plus tard, Gautier écrira que Baudelaire est né le 21 Avril, sa propre mère, dans une lettre à Asselineau, affirmera que c'était le 7. La date retenue est celle figurant sur ses actes de naissance et de baptême.
En Juin
Baptême à Saint-Sulpice.
1827
10 Février
Mort du père de Charles. Ordonné prêtre en 1784 et sécularisé à la Révolution, ancien précepteur du duc Praslin et ancien chef de bureau du Sénat impérial, son père fut aussi peintre.
Il fit des études de philosophie et de théologie à l'université de Paris.
Il avait épousé, en première noces, le 7 Mai 1797 Jeanne Justine Rosalie Jasmin avec laquelle il eut un fils , Claude Alphonse Baudelaire, le demi-frère de Charles.
1828
17 Octobre
Aupick écrit au Ministre de la Guerre pour lui demander l'autorisation d'épouser Mme "Bodelaire".
8 Novembre
La mère de Baudelaire se remarie avec Jacques Aupick (né en 1789), alors Commandant, un homme d'une volonté rigide et d'un esprit étroit avec lequel Baudelaire ne s'entendra jamais.
2 Décembre
Mme Aupick accouche d'une fille mort-née.
1832
En Janvier
Aupick ayant été nommé à Lyon, Baudelaire est placé à la pension Delorme et suit les cours de sixième au Collège Royal de Lyon.
En Octobre
Baudelaire devient interne au Collège Royal de Lyon en classe de cinquième.
1836
9 Janvier
Aupick, promû colonel le 29 Avril 1834, est nommé à la 1ère division à Paris.
1er Mars
Baudelaire rentre au Collège Louis-le-Grand comme pensionnaire. A Lyon, il était en seconde, "mais comme, à Paris, les mathématiques commencent un an plus tôt", il redouble sa troisième.
En Juin
"Beaucoup de légereté; peu d'habitude des langues anciennes. Manque d'énergie pour corriger ses défauts." Professeur Achille Chaudin.
"De la fausseté, des mensonges. Manières quelquefois cavalières et quelques fois choquantes à force d'affectation." id.
1837
Baudelaire obtient le deuxième prix de vers latins au concours général, il est en seconde.
1838
"A de l'invention quand il veut, et de la finesse. N'a pas assez de gravité pour faire des études fortes et sérieuses." Professeur Desforges.
En Juillet
Visitant les galeries du Musée du Château de Versailles, Baudelaire remarque un tableau de Delacroix, La Bataille de Taillebourg. C'est à partir de là, dit-on, que Baudelaire a développé une grande passion pour Delacroix
En Août
Baudelaire va rejoindre sa mère et son beau-père qui fait une cure à Barrèges, dans les Pyrénées. Les promenades lui inspirent "Incompatibilités", il a 17 ans.
1839
En Février
"Baudelaire a repris depuis quelques jours ses allures pleines de bizarrerie. Il est fâcheux que cet élève, après avoir suivi la bonne voie depuis le commencement de l'année, s'amuse à donner le mauvais exemple." Maître d'étude Achille Carrère.
18 Avril
Baudelaire est exclu du lycée.
18 Avril
"Monsieur,
ce matin votre fils, sommé par le sous-Directeur de remettre un billet qu'un de ses camarades venait de lui glisser, refusa de le donner, le mit en morceau et l'avala. Mandé chez moi, il me déclare qu'il aime mieux toute punition que de livrer le secret de son camarade et pressé de s'expliquer dans l'intérêt même de cet ami, [...] il me répond par des ricanements dont je ne dois pas souffrir l'impertinence.
Je vous renvoie donc ce jeune homme qui était doué de moyens assez remarquables, mais qui a tout gâché par un mauvais esprit, dont le bon ordre du Collège a eu plus d'une fois à souffrir." Proviseur J. Pierot.
12 Août
Baudelaire est reçu in extremis au Baccalauréat qu'il a passé à Saint-Louis.
12 Août
I Auteurs Grecs n°10 Passable
II Auteurs latins Passable
III Rhétorique Passable
I Histoire Ancienne Passable
II Histoire moderne Faible
III Géographie Faible
I Philo n°10 Passable
II Mathématique Passable
III Physique Passable
2 Novembre
Interne à la pension Lévêque et Bailly, rue de l'Estrapade, Baudelaire s'insrit à l'Ecole de droit mais pendant les cours, il préfère lire les livres qu'un externe lui rapporte de l'extérieur(Lamartine, Hugo, Musset).
1840
Rencontres avec Gustave le Vavasseur et Ernest Prarond, mais aussi Édouard Ourliac, Gérard de Nerval et Honoré de Balzac.
Il créé avec des amis un groupe baptisé "Ecole normande" où ils écrivent des poèmes et chansons.
Rencontre avec Sarah (une prostituée surnommée Louchette).
1841
Aupick à Alphonse Baudelaire.
"Mon cher Monsieur Baudelaire,
le moment est arrivé où quelque chose doit être fait pour empêcher la perte absolue de votre frère. Je suis enfin au courant, où à peu près, de sa position, de ses allures, de ses habitudes. Le péril est grand. Il y a, selon moi, selon Paul et Labié, urgence à l'arracher du pavé glissant de Paris. On me parle de lui faire faire un long voyage sur mer, aux unes et autres Indes, dans l'espérance qu'ainsi dépaysé, arraché à ses détestables relations, et en présence de tout ce qu'il aurait à étudier, il pourrait rentrer dans le vrai et nous revenir poète peut-être, mais poète ayant ses inspirations à de meilleures sources que les égouts de Paris..."
9 Juin
Incité par sa famille, Baudelaire consent à s'embarquer à Bordeaux sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud en partance pour Calcutta.
Sur le bateau, il s'isole orgeuilleusement, indifférent à tout ce qui n'est pas littérature. En réalité, ce voyage va enrichir sa sensibilité, l'éveiller à la poésie de la mer, du soleil, de l'exotisme.
1er Septembre
Après avoir subi une violente tempête, le Paquebot-des-Mers-du-Sud jette l'ancre à Port-Louis à l'île Maurice; du 1er au 18, Baudelaire séjourne chez M. et Mme Autard de Bragard.
19 Septembre
Baudelaire arrive à l'île Bourbon (île de la Réunion).
14 Octobre
Aupick reçoit une lettre du capitaine Saliz, commandant le navire, lui signalant la volonté du jeune homme d'interrompre le voyage.
20 Octobre
"Ile de Bourbon. Le 20 Octobre 1841
Mon bon Monsieur Autard,
Vous m'avez demandé quelques vers à Maurice pour votre femme, et je ne vous ai pas oublié. Comme il est bon, décent, et convenable, que des vers, adressés à une dame par un jeune homme passent par les mains de son mari avant d'arriver à elle, c'est à vous que je les envoie, afin que vous ne les lui montriez que si cela vous plaît.
Depuis que je vous ai quitté, j'ai souvent pensé à vous et à vos excellents amis. Je n'oublierai pas certes les bonnes matinées que vous m'avez données, vous, Madame Autard, et M. B
Si je n'aimais et si je ne regrettais pas tant Paris, ,je resterais le plus longtemps possible auprès de vous, et je vous forcerais à m'aimer et à me trouver un peu moins baroque que je n'en ai l'air.Il est peu probable que je retourne à Maurice, à moins que le navire sur lequel je pars pour Bordeaux (l'Alcide) n'y aille chercher des passagers. Voici mon sonnet :
Au pays parfumé que le soleil caresse, J'ai vu, dans un retrait de tamarins ambrés...
Donc, je vais vous attendre en France. Mes compliments bien respectueux à Madame Autard."
1842
15 Février
Baudelaire debarque à Bordeaux. "Je ne crois pas que je reviens avec la sagesse en poche".
En Mars
Baudelaire rencontre Jeanne Duval au théâtre de la Porte Saint-Antoine, il se lie d'amitié avec Felix Tournachon NADAR.
9 Avril
Baudelaire est majeur; il reçoit l'héritage paternel de 75 000 francs (plusieurs millions d'aujourd'hui) et entame la vie dorée de bohème riche. Il use de l'opium et du haschich.
En Mai
Installation à l'hôtel Pimodan (Aujourd'hui Hôtel de Lauzun), dans l'île de Saint Louis, au 17, quai d'Anjou. Il y côtoie le peintre Fernand de Boisdernier, qui habite ce même hôtel où il reçoit, entre autre, Théophile Gautier et Mme Sabatier.C'est là que se réunit le "Club des Haschischins" (cf. Les paradis artificiels). A l'hôtel Pimodan habite aussi un brocanteur, Arondel, auprès duquel Baudelaire contracte de lourdes dettes.
En Juin
Il s'installe 10, quai de Béthune, île de Saint-Louis.
1843
Sa liaison avec Jeanne Duval (dite encore Prosper) lui apporte une syphilis qui ne l'abandonnera jamais.
1844
2 Mars
Parution du recueil "Mystères galants des théâtres de Paris" auquel Baudelaire aurait participé.
En Juillet
Baudelaire est mis en tutelle par le conseil de famille. Il ne recevra qu'une rente mensuelle de deux cents francs délivrée par Mr. Ancelle, notaire à Neuilly, administrateur de ses biens à partir du 21 Septembre.
1845
Pour vivre, Baudelaire se lance dans la critique d'art et va vite s'imposer comme un maître du genre.
En Avril
Baudelaire publie le "Salon de 1845" sous le nom de Baudelaire-Dufäys.
En Mai
Tentative de suicide.
25 Mai
"A une dame créole" signé Baudelaire-Dufaÿs dans l'Artiste.
30 Juin
Baudelaire fait une nouvelle tentative de suicide.
Il écrit ce jour là dans une lettre à Ancelle, "Je me tue parce que je suis inutile aux autres et dangereux à moi-même. Je me tue parce que je me crois immortel et que j'espère...", il lègue alors par testament toutes ses possessions à Jeanne.
24 Novembre
Comment on paie ses dettes quand on a du genie dans le Corsaire-Satan.
1846
21 Janvier
"Le Musée classique du Bazar Bonne-Nouvelle" dans le Corsaire-Satan.
20 Février
L'Esprit public diffuse, signé de Baudelaire, "Le jeune enchanteur"; il s'agit en fait de la traduction d'une nouvelle anglaise du révérend Croly, parue en 1836.
3 Mars
"Conseils aux jeunes littérateurs" dans l'Esprit public.
3 Mars
"Choix de maximes consolantes sur l'amour" dans le Corsaire-Satan
16 Juin
Baudelaire adhère à la Société des gens de Lettres.
6 Septembre
Publication de "l'Impénitent" dans l'Artiste.
13 Décembre
"A une indienne" (A une malabraise) dans l'Artiste.
1847
Baudelaire découvre l'oeuvre d'Edgar Poe (1809-1849), en qui il salue un esprit frère du sien.
En Janvier
"La Fanfarlo" paraît dans Le Bulletin de la Société des Gens de Lettres.
24 Février
Baudelaire prend parti pour la révolution.
18 Août
Baudelaire aurait rencontré ce jour là Marie Daubrun qui jouait alors dans La Belle au Cheveux d'Or. Elle lui aurait inspiré en particulier "Le Poison" et "Ciel brouillé".
14 Novembre
Les Chats dans le Corsaire-Satan.
28 Novembre
Aupick devient commandant de l'École Polytechnique.
1848
24 Février
Dans la soirée, Jules Buisson croise Baudelaire au détour d'un carrefour; un fusil à la main, il crie dans la rue "Il faut aller fusiller le Général Aupick."
27 Février
Baudelaire publie avec Champfleury et Toubin, un premier numéro d'un journal démocratique intitulé "L'Esprit Libre" dont il n'y aura qu'un second numéro, paru le 1er Mars de la même année.
10 Avril
Baudelaire devient secrétaire de rédaction de la Tribune Nationale, un journal socialiste modéré.
Il occupera ce poste jusqu'au 6 Mai.
13 Avril
Aupick est nommé ministre plénipotentaire à Constantinople.
15 Juillet
Révélation Magnétique, dans La Liberté de penser, c'est la première traduction d'un conte de Poe par Baudelaire.
20 Octobre
Il s'investit rédacteur en chef d'un nouveau journal, Le Représentant de l'Indre, à Châteauroux, il abandonnera peu de temps après.
En Novembre
Le vin de l'assassin dans l'écho des marchands de vin.
1849
7 Octobre
Mort d'Edgar Allan Poe. Baudelaire l'avait rencontré quelques mois auparavant.
1850
Baudelaire ressentiras cette année les premiers symptômes de la syphillis, il est aussi très endetté.
10 Janvier
Une des innombrables lettres à Mr Ancelle.
"Dijon. Jeudi, 10 Janvier 1850
Lisez avec attention.
J'ai été assez gravement malade, comme vous savez. J'ai l'estomac passablement détraqué par le laudanum; mais ce n'est pas la première fois, et il est assez fort pour se remettre.
Jeanne est arrivée hier matin, et m'a assez longuement parlé de son entrevue avec vous. Tout est pour moi affliction depuis longtemps. Je n'ai donc pas été étonné d'entendre des choses qui prouvent que vous ne comprenez absolument rien à ma vie, mais cela viendra tout à l'heure. J'ai sous les yeux votre lettre du 14 Décembre, arrivée le 17 seulement. D'abord, Palis vous a indignement volé. Des fautes ridicules et folles, commises dans la Table, comme Le Tombant vivant, Vitesse de la tune, pour Le Tombeau vivant, Tristesse de la lune, et bien d'autres; la dorure pleine de taches, la reliure qui devait être en chagrin et qui est en papier imitant le chagrin, des corrections indiquées par moi au crayon et qui n'ont pas été accomplies, témoignent qu'il a profité de mon absence, pour ne pas faire son devoir, de plus, pour me voler. Je devais encore 20 fr.,à peu près. Il était convenu que la reliure coûterait 8 fr. Total, 28 fr. Vous en payez 40. Il a sans doute oublié de vous dire que je lui avais déjà donné primitivement 11 ou 12 fr. d'acompte. Encore me devrait-il une diminution ou une indemnité pour sa coupable et honteuse besogne; il est impossible d'admettre qu'une reliure qui, bien faite, doit être payée 8 fr., mal faite, soit payée 20 fr. Quant à cette nuée de fautes, c'est encore plus grave, et cela témoigne que, quand on n'a plus eu peur de moi, on s'est moqué de moi. Si vous avez du courage, quand vous passerez place de la Bourse, vous lui réclamerez 12 fr.
Il parait que vous lisez mes lettres avec bien de la distraction. Vous craignez que je ne retourne à Paris, parce que je vous écris: Il me tarde déjà de m'en aller d'ici. Vous n'avez pas compris que le mot : ici, c'était l'Hôtel. Cela voulait dire : il me tarde de m'en aller d'un endroit où je dépense trois fois plus que je ne dois dépenser. Vous n'avez donc jamais voyagé? Mon intention en arrivant ici était de louer, d'un côté, un tout petit appartement, et, d'un autre côté, de louer des meubles. Puis, pendant longtemps, je n'avais plus à m'occuper que du compte courant des dépenses, sauf le prix mensuel de la location. [...]
Encore un mot. Jeanne, que j'ai beaucoup tourmentée au sujet de sa conférence avec vous, m'affirme que vous lui avez dit: que, si elle vous écrivait un mot qui vous démontrât la nécessité d'une avance, vous la feriez sans doute. Voilà qui est singulier et passablement humiliant pour moi: par quelle fenêtre voulez-vous donc qu'on jette l'argent, dans une petite ville, où le travail est le seul remède de l'ennui? J'ignore ce que Jeanne fera, et si l'envie de sortir de cet hôtel lui fera faire une chose que je regarde comme inconvenante, mais je vous répète qu'en comptant avec moi 200 fr. pour Janvier, que je n'ai pas reçus, et 200 pour Février, vous ne faites aucune avance, vous ne commettez aucune complaisance, vous ne sortez pas de nos conventions. Si vous saviez quelle fatigue c'est pour moi de revenir sans cesse sur ces maudites questions d'argent! Cela finira sans doute.
Vous avez dit encore à Jeanne bien d'autres choses, mais je n'ai plus le courage de vous faire des reproches. Vous êtes un grand enfant. Cependant, je vous ai suffisamment souvent reproché votre sentimentalisme et démontré l'inutilité de votre attendrissement à l'endroit de ma mère. Laissez à tout jamais cela de côté, et, si j'ai quelque chose de cassé dans l'esprit à cet endroit, plaignez-moi et laissez-moi tranquille. Ainsi que Jeanne. II y a encore bien d'autres choses, mais passons. Seulement, je vous en prie, si vous avez, par hasard, plus tard, quelque occasion de revoir Mlle Lemer, ne jouez plus avec elle, ne parlez plus tant, et soyez plus grave. J'ai pris depuis longtemps l'habitude de vous dire nettement tout ce que je pense; ainsi, il ne faut pas m'en vouloir pour cela.
Une fois débarrassé de cet hôtel maudit, quelques meubles litant loués, voilà comment j'arrange ma vie. Je puis trouver en dehors de mon revenu un minimum de 1.200 fr, Cela fait donc 300 fr. par mois, avec mon revenu. J'abandonne à Jeanne 50 fr., pour sa toilette. Elle est chargée de nous faire vivre, avec 150 fr. Je mets 50 fr. de côté, pour le loyer des meubles et de l'appartement. Puis, encore 50 fr. de côté, pour acheter plus tard des meubles à Paris, quand, ayant fait assez de ,besogne pour payer mes dettes, je jugerai à propos de revenir.
Quant à mes dettes, je viens pour la centième fois peut-être d'en faire le compte. Cela est affligeant, mais il faut que cela finisse. Je l'ai juré. Je dois en tout 21.236 fr. 50. - 14.077 fr. de billets souscrits; 4.228 fr. de dettes non garanties par billets, au-dessus de 100 fr.; 919 fr. 25 de petites dettes, au-dessous de 100 fr.; et enfin 2.012 fr. 25 de dettes d'amis. Sur une masse aussi considérable, de combien de vols; ou de déshonnêtetés, ou de faiblesses n'ai-je pas été victime, comme l'affaire de R L dont vous trouverez plus loin le récit très exact.
Je me résume : vous avez commis une erreur. Quelques complaisances que vous ayez eues, je devais recevoir, au moins, à partir de mon arrivée ici, 200 fr. par mois; or, 200 n'en font pas 400. Rappelez-vous que le total de l'année 49 était entièrement absorbé depuis Octobre. Si je vous engage à m'envoyer, de suite Janvier et Février, c'est à dire 400, ou même 500 fr., c'est pour les très excellentes raisons que je vous ai développées. Il est impossible de dépenser inutilement cet argent, et d'ailleurs Jeanne, qui est comme toutes les femmes plus qu'économe, est intéressée à me surveiller.
En second lieu, je vous rendrai compte de l'emploi de l'argent, et vous le représenterai par des factures. Je vous dois cela. Ce que je vais faire, vous me l'avez conseillé plusieurs fois, autrefois. Vous l'avez donc oublié. Ce que vous allez faire pour moi, et que je vous avais arraché par obsession et raisonnement, vous auriez dû le faire de vous-même, il y a très longtemps. Apparemment, vous ne prétendez pas borner votre rôle vis à vis de moi, et même vis à vis de tout homme, à celui d'agent insensible et d'homme d'affaires. Et cependant il a fallu que l'initiative vînt de moi; toutes ces choses si raisonnables, que vous auriez dû m'indiquer, il a fallu que je les voulusse le premier.
Toute la légitimation de ceci est là, dans un mot de vous : Je consentirais à détruire toute votre fortune dans un but moral. - Eh bien! concluez.[...]"
En Juin
L'âme du vin et Le Châtiment de l'orgueil paraissent dans le magasin des familles, tirés d'un recueil appellé Les Limbes (plus tard Les fleurs du mal).
13 Juillet
Lesbos dans l'anthologie de Julien Lemer.
1851
20 Février
Aupick refuse le poste d'ambassadeur à Londres.
7 Mars
Du vin et du Haschich dans le Messager de l'Assemblée.
18 Juin
Aupick devient Ambassadeur à Madrid.
1852
Après le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte, c'est exalté par un grand amour pour Apollonie Sabatier (née Joséphine Savatier le 7 Avril 1822) qui tient un salon littéraire rue Frochot, que Baudelaire consacre à la poésie la meilleure part de ses loisirs. Il lui enverra anonymement nombreuses lettres contenant des poèmes.
22 Janvier
L'Ecole païenne dans la Semaine Théatrale.
1er Février
Les deux crépuscules.
En Mars
Edgar Allan Poe, sa vie et ses ouvrages, dans la Revue de Paris de Mars à Avril.
9 Décembre
1er envoi anonyme : A celle qui est trop gaie.
"La personne pour qui ces vers ont été faits, qu'ils lui plaisent ou qu'ils lui déplaisent, quand même ils lui paraîtraient tout à fait ridicules, est bien humblement suppliée de ne les montrer à personne. Les sentiments profonds ont une pudeur qui ne veut pas être violée. L'absence de signature n'est-elle pas un symptôme de cette invincible pudeur? Celui qui a fait ces vers, dans un de ces états de rêverie où le jette souvent l'image de celle qui en est l'objet, l'a bien vivement aimée, sans jamais le lui dire, et conservera toujours pour elle la plus tendre sympathie."
1853
1er Mars
Le corbeau d'Edgard Allan Poe dans l'Artiste.
27 Mars
la Philosophie de l'ameublement de Poe dans le monde littéraire.
17 Avril
la Morale du Joujou dans le monde littéraire.
3 Mai
Envoi de Réversibilité.
9 Mai
Envoi de Confessions.
1854
7 Février
le Flambeau vivant et l'aube spirituelle.
"Je ne crois pas, Madame, que les femmes, en général, connaissent toute l'étendue de leur pouvoir, soit pour le bien ,soit pour le mal. Sans doute, il ne serait pas prudent de les en instruire toutes également. Mais, avec vous, on ne risque rien; votre âme est trop riche en bonté pour donner place à la fatuité et à la cruauté. D'ailleurs, vous avez été, sans aucun doute, tellement abreuvée, saturée de flateries, qu'une seule chose peut vous flatter désormais, c'est d'apprendre que vous faites le bien, même sans le savoir, même en dormant, simplement en vivant.
Quant à cette lâcheté de l'anonyme, que vous dirai-je, quelle excuse alléguerai-je, si ce n'est que ma première faute commande toutes les autres et que le pli est pris. - Supposez, si vous voulez, que, quelquefois, sous la pression d'un opiniâtre chagrin, je ne puisse trouver le soulagement que dans le plaisir de faire des vers pour vous, et qu'ensuite je sois obligé d'accorder le désir innocent de vous les montrer avec la peur horrible de vous déplaire.Voilà qui explique la lâcheté.
Ils marchent devant moi, ces yeux extraordinaires Qu'un ange très savant a sans doute aimantés;...
N'est-il pas vrai que vous pensez, comme moi, que la plus délicieuse beauté, la plus excellente et la plus adorable créature, - vous-même, par exemple, - ne peut pas désirer de meilleur compliment que l'expression de la gratitude pour le bien qu'elle a fait ?"
16 Février
Que diras-tu ce soir.
8 Mai
Envoi de Hymne.
25 Juillet
Jusqu'au 20 Avril 1855, la traduction des Histoires extraordinaire de Poe paraît dans le Pays.
1855
En Janvier
Que diras-tu ce soir dans la Revue de Paris.
26 Mai
L'Exposition Universelle dans le Pays.
1er Juin
Les Fleurs du Mal :première publication, dans la Revue des deux Mondes, du célèbre recueil alors composé de seulement 18 poèmes.
En Août
Dans le recueil de Fontainebleau, hommage à C.F.Denecourt: Le Crépuscule du soir et La Solitude, premiers poèmes en prose.
12 Août
L'Exposition Universelle dans le portefeuille.
1856
En Mars
Première édition des Histoires extraordinaires écrites en 1840 par Edgar Poe et traduites par Baudelaire.
En Septembre
Baudelaire rompt avec Jeanne Duval, il vit désormais avec Marie Daubrun.
30 Décembre
Baudelaire renouvelle signe un contrat avec Poulet-Malassis et de Broise pour la vente des Fleurs du Mal et de Bric-à-Brac esthétique (plus tard Curiosités esthétiques), recueil de critique d'art qui ne sera jamais édité de son vivant.
1857
4 Février
Baudelaire remet le manuscrit des Fleurs du Mal à Poulet-Malassis.
8 Mars
Nouvelles Histoires extraordinaires de Poe, traduites par Baudelaire.
28 Avril
Aupick meurt, la mère de Baudelaire se retire alors à Honfleur.
25 Juin
Les Fleurs du Mal, première édition, contenant tous les poèmes écrits par Baudelaire depuis 1840.
5 Juillet
Dans le Figaro paraît un article de Gustave Bourdin dénoncant le recueil. Baudelaire y voit la cause des poursuites judiciaires dont il sera l'objet.
7 Juillet
Début des poursuites.
11 Juillet
Baudelaire écrit à Poulet-Malassis pour l'informer de la saisie prochaine de ses exemplaires en vente à Paris.
"Vite, cachez, mais cachez bien, toute l'édition;[...]Restent donc 50 pour nourrir le cerbère Justice. Voilà ce que c'est d'envoyer des exemplaires au Figaro!!!".
18 Août
Baudelaire demande l'intervention de Mme Sabatier devant les juges.
"Voilà la première fois que je vous écris avec ma vraie écriture. Si je n'étais pas accablé d'affaires et de lettres (c'est après-demain l'audience), je profiterais de cette occasion pour vous demander pardon de tant de folies et d'enfantillages[...] Tous les vers compris entre la page 84 et la page 105 vous appartiennent."
20 Août
Procès des Fleurs du Mal.
Baudelaire est condamné à 300 francs d'amende et à retirer six poèmes de son recueil, qu'il publiera plus tard sous le nom "Epaves".
24 Août
Six poèmes nocturnes paraîssent dans Le Présent.
30 Août
Baudelaire et Mme Sabatier deviennent amants pour la nuit.
31 Août
"J'ai détruit ce torrent d'enfantillages amassé sur la table.[...] je me suis réveillé avec l'inexpliquable malaise moral que j'ai emporté hier soir de chez vous.[...]Aussi je t'ai dis hier "Vous m'oublierez, vous me trahirez; celui qui vous amuse vous ennuiera.[...]" Il y a quelques jours, tu étais une divinité, ce qui est si commode, ce qui est si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant..."
1er Octobre
Quelques caricaturistes français et étrangers dans Le Présent le 1er et 15 Octobre.
18 Octobre
Madame Bovary par Gustave Flaubert dans l'Artiste.
1858
13 Mai
La traduction des Aventures d'Arthur Gordon Pym d'E. Poe.
30 Septembre
Le Haschich dans la Revue Contemporaine. (Premiere partie des Paradis Artificiels).
En Novembre
Baudelaire retourne habiter chez Jeanne Duval.
1859
En Janvier
Baudelaire rend visite à sa mère à Honfleur et se réconcilie alors avec elle. Il écrira plusieurs poèmes durant son séjour.
En Février
Baudelaire envoie le Voyage à Maxime du Camp, qu'il avait écrit à Honfleur.
13 Mars
L'Artiste publie un article sur Théophile Gautier.
En Avril
Jeanne Duval est paralysée. On l'amène à la maison de Santé Dubois.
10 Avril
Le Voyage, Sisina et l'Albatros paraîssent dans la Revue française.
20 Avril
Génèse dans la Revue française, il s'agit de la traduction d'un texte d'Edgar Poe, Philosophy of composition.
20 Mai
La Chevelure dans la Revue française.
En Juin
Salon de 1859 dans la Revue française.
15 Septembre
Les Sept Vieillards et Les Petites Vieilles dans la Revue Contemporaine.
1860
En Janvier
Le Squelette Laboureur, Le Cygne, A une Madone dans La Causerie.
1er Janvier
Baudelaire, croulant sous les dettes, passe un nouveau contrat avec Poulet-Malassis pour une seconde édition des Fleurs du Mal et des Paradis Artificiels.
13 Janvier
Première crise cérébrale.
15 Janvier
Jusqu'au 31 Janvier, Un mangeur d'opium dans la Revue Contemporaine.
17 Février
Baudelaire écrit une lettre admirative à Richard Wagner.
15 Mai
Les Paradis Artificiels avec une annonce sur la couverture pour les Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains (Opinions littéraires).
Le même jour paraîtront Rêve Parisien, L'amour du mensonge, Semper Eadem, Obsession et le Rêve d'un Curieux dans La Revue Contemporaine
15 Octobre
Horreur Sympathique, Les Aveugles, Alchimie de la douleur, A une passante, Un fantome, Chanson d'après-Midi, Hymne à la Beauté et l'Horloge dans l'Artiste.
1861
9 Février
Deuxième édition des Fleurs du Mal dans le Journal de la librairie, qui paraît augmentée de trente-cinq nouvelles pièces.
1er Avril
étude sur Richard Wagner dans la Revue Contemporaine.
1er Avril
Dans une lettre à sa mère, Baudelaire mentionne pour la première fois son projet de journal intime qu'il intitule Mon Coeur mis à Nu.
En Mai
Baudelaire fait de nouvelles tentatives de suicide.
6 Mai
Baudelaire écrit une admirable lettre à sa mère, qui marque un tournant dans la vie du poète.
24 Mai
Baudelaire cède à Poulet-Malassis et de Broise le droit exclusif de reproduction de toutes ses oeuvres, même futures.
1er Novembre
Neuf poèmes en prose dans la Revue fantaisiste de Catulle Mendès.
Recueillement dans la Revue Européenne.
11 Décembre
Baudelaire dépose sa candidature à l'Académie française. A l'occasion des démarches, il se lie d'amitié avec Vigny.
Plus tard, le 10 Février 1862, sur les conseils de Sainte-Beuve, Baudelaire retirera sa candidature.
1862
Rupture définitive d'avec Jeanne.
En Mars
Le Gouffre dans l'artiste.
1er Juillet
Renouvellement du droit reproduction exclusif au profit de Poulet-Malassis seul.
12 Septembre
Poulet-Malassis est arrêté pour dettes, il se réfugiera plus tard en Belgique.
1863
En Janvier
L'imprévu.
13 Janvier
Baudelaire signe un nouveau contrat pour les droits de reproduction de ses oeuvres avec l'éditeur Heztel.
En Février
L'examen de minuit dans Le Boulevard.
1er Février
Les éditions Malassis font faillite.
13 Août
Mort d'Eugène Delacroix. Baudelaire ecrira son article nécrologique qui paraîtra dans l'Opinion Nationale.
17 Septembre
Mort d'Alfred de Vigny.
26 Novembre
Le peintre de la vie moderne dans le Figaro, une étude sur Constantin Guys le 26, 29 et le 3 Décembre.
28 Décembre
Les Plaintes d'un Icare dans le Boulevard.
1864
24 Avril
Couvert de dettes, usé par la drogue et la maladie, Baudelaire quitte Paris et va se fixer à Bruxelles, à l'Hôtel du Grand Miroir.
Amèrement décu par son pays d'acceuil, Baudelaire écrira le pamphlet "Pauvre Belgique!".
27 Mai
"Mon cher Manet,
Je vous remercie de votre affectueuse lettre. Présentez mes amitiés à votre mère et à votre femme, et, si vous avez à m'apprendre des choses agréables sur la déstinée de vos tableaux, écrivez-moi. je réponds à vos félicitations.
Les Belges sont bêtes, menteurs et voleurs. J'ai été victime de la plus effrontée supercherie. Ici, la tromperie est une règle et ne déshonore pas. Je n'ai pas encore abordé la grande affaire pour laquelle je suis venu, mais tout ce qui m'arrive est de bien mauvaise augure , -sans compter que je passe ici pour un affilié de la police française.- Ne croyez jamais ce qu'on vous dira sur la bonhomie belge. Ruse, défiance, fausse affabilité, grossièreté, fourberie, oui...
Tout à vous."
2 Juillet
Cinq poèmes en prose dans la Vie Parisienne.
13 Août
Les Projets, poèmes en prose dans la Vie Parisienne.
25 Décembre
Six poèmes en prose dans La Revue de Paris, sous le titre "Spleen de Paris".
1865
1er Janvier
Epigraphe pour un livre condamné.
3 Janvier
"Ma chère mère,
Jé n'ai pas besoin de la solennité de ce jour, si triste entre tous les jours de l'année, pour penser à toi, et pour penser à mes devoirs et à toutes les responsabilités que j'ai accumulées sur moi depuis tant d'années. Mon principal devoir, mon unique même, serait de te rendre heureuse. j'y pense sans cesse. cela me sera-t-il jamais permis? Je pense quelquefois, avec un frisson, que Dieu peut me retirer brusquement cette possibilité. Je te promets d'abord que cette année...Je rougis quand je pense à toutes les privations que j'ai dû t'imposer. Je te promets aussi qu'aucune journée de l'année ne s'écoulera sans travail. Infailliblement, la récompense doit être au bout. J'ai l'esprit rempli d'idées funèbres. Comme il est difficile de faire son devoir tous les jours, sans interruption aucune! Comme il est difficile, non pas de penser un livre, mais de l'écrire sans lassitude; enfin, d'avoir du courage, tous les jours! J'ai calculé que tout ce que j'ai depuis longtemps dans la tête ne m'aurait coûté que quinze mois de travail, si j'avais travaillé assidûment. Combien de fois me suis-je dit, malgré mes nerfs, malgré les mauvais temps, malgré les créanciers, malgré l'ennui et la solitude ; Voyons, du courage...! Le résultat fructueux viendra peut-être... Combien de fois Dieu m'a-t-il fait déjà crédit de quinze mois! et pourtant j'ai interrompu souvent, trop souvent, jusqu'à présent l'exécution de tous mes projets. Aurai-je le temps (en supposant que j'aie le courage) de réparer tout ce que j'ai à réparer! Si j'était sûr, au moins, d'avoir cinq à six ans devant moi! Mais qui peut être sûr de cela? c'est là pour moi, maintenant, une idée fixe, l'idée de la mort, non pas accompagnée de terreurs niaises, -j'ai tant souffert déjà et j'ai été si puni que je crois que beaucoup de choses peuvent m'être pardonnées, mais cependant haïssable, parce qu'elle mettrait tous mes projets à néant, et parce que je n'ai pas exécuté encore le tiers de ce que j' ai à faire en ce monde. Tu as deviné sans doute ma terreur de traverser Paris sans argent, de rester à Paris, mon enfer, six ou sept jours seulement, sans offrir des garanties certaines à quelques créanciers. Mon exil m'a appris à me passer de toutes les distractions possibles. Il me manque l'énergie nécessaire pour le travail noninterrompu. Quand je l'aurai, je derais fier et plus tranquille. J'ai bon espoir. Tu sais tout ce que j'ai à publier. Hélas! que de choses en retard!..."
7 Février
Six poèmes en prose dans le Figaro sous le titre "Le Spleen de Paris".
En Mars
Histoires grotesques et sérieuses.
En Mai
Entre Mai et Juin 1864, Baudelaire participe à de nombreuses conférences, notamment sur Gautier et Delacroix, dans l'espoir de gagner un peu d'argent. Il essayera aussi de vendre ses oeuvres à un éditeur.
En Novembre
"Névralgies à la tête..."
1866
En Janvier
"Si c'est l'apoplexie ou la paralysie qui vient..."
En Février
Les Epaves.
En Février
"J'ai été repris par les vertiges et les culbutes..."
En Mars
A Namur, Baudelaire est victime d'un malaise sur les marches de l'église Saint-Loup.
20 Mars
La dernière lettre de la main de Baudelaire.
23 Mars
Paralysie.
30 Mars
Aphasie. Il dicte ce jour à sa mère une dernière lettre pour Mr Ancelle.
31 Mars
Les Nouvelles Fleurs du Mal dans le Parnasse Contemporain.
En Avril
Baudelaire est transporté dans une maison de santé.
2 Juillet
Baudelaire est ramené par sa mère à Paris, le 4 il entre dans la maison de santé du Docteur Duval, rue du Dôme, il aura la visite, entre autres de Sainte-Beuve, Banville, Leconte de Lisle...
1867
Dans sa chambre sont accrochés des tableaux de Manet et on lui joue du Wagner.
En Janvier
La fin de la journée dans la Revue du XIXème siècle.
31 Août
Vers onze heure du matin, dans les bras de sa mère, le poète s'endormait.
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