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Charles Méryon

   Né en 1821 et mort en 1868

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Charles Méryon

Charles Méryon, graveur et aquafortiste, est le fils illégitime du docteur Charles Lewis Meryon, et de Narcisse Chaspoux, une danseuse de l’Opéra de Paris.
   Après une enfance à Paris, il intègre l’école navale en 1837 et parcourt les mers, jusqu’à ses 25 ans où il renonce à sa carrière pour se consacrer au dessin et à la peinture. Sa mauvaise vision des couleurs limite ses ambitions de peintre, ainsi il se consacre à des œuvres monochromes, s’attachant à restituer de beaux noirs et des nuances de gris.
   Ses eaux-fortes sur Paris, qu’il réalise en collaboration avec son ami Eugène Bléry, retiennent l’attention de quelques grands. Victor Hugo écrit à Baudelaire : « Depuis que vous connaissez Meryon, dites-lui que ses eaux-fortes, avec seulement ombres et éclairages, lumière et obscurité, m'ont ébloui ».
   Baudelaire découvre ces gravures en 1859 : il est enchanté par la vision fantasmagorique de ce Paris en mutation, « les clochers montrant du doigt le ciel, les obélisques de l’industrie vomissant contre le firmament leurs coalitions de fumée, les prodigieux échafaudages des monuments en réparation, […] le ciel tumultueux, chargé de colère et de rancune, la profondeur des perspectives augmentée par la pensée de tous les drames qui y sont contenus ». Les deux hommes se rencontrent pendant l’hiver 1860, dans le quartier de Saint-Lazare où ils vivaient voisins. Dans l’idée d’une collaboration entre le poète et le graveur, proposée par l’éditeur Delâtre, Baudelaire projette d’écrire « des rêveries de dix lignes, de vingt ou trente lignes, sur de belles gravures, les rêveries philosophiques d’un flâneur parisien ». Ainsi le projet des petits poèmes en prose du Spleen de Paris prend forme.
   Méryon finit sa vie à l’asile de Charenton, interné pour des troubles psychiatriques importants (dépression, hallucinations, délire de persécution). Baudelaire avait renoncé à leur collaboration, à cause des exigences maniaques de Méryon, déjà touché par la folie. Mais il restera une profonde admiration du poète pour l’artiste, doublée d’une vraie compassion pour ce frère d’arme atteint d’un « délire mystérieux »…



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Il y a dans l'acte de l'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale. -- La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable. -- Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art. -- Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère. -- La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse ; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné. -- J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller. -- Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. -- Le rire est satanique, il est donc profondément humain. -- Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde.Le Salon de 1845
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"La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté." 
 
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