Litteratura.com
Recherche    
Charles Baudelaire livresrechercheforumsressourcesgaleriecontactchroniques

Vie de Charles Baudelaire
Correspondance
Biographie
Personnages

Oeuvre de Charles Baudelaire







un certain regard
Articles
Axes d'études
Contemporains
oeuvre
Vers  -  à voir aussi : Critiques Essai Journal Nouvelles Prose 

Les Fleurs du mal

Première édition

retour à l'accueil de l'oeuvre
retour au choix de l'oeuvre

XCII LES LITANIES DE SATAN

<< Voir les pages liées à ce texte 
 Définition  | Taille du texte  1  2  3  |  < Précédent  Suivant >  |   Télécharger cette oeuvre   

   
   
    O toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
    Dieu trahi par le sort et privé de louanges,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    O Prince de l'exil, à qui l'on a fait tort,
    Et qui. vaincu, toujours te redresses plus fort,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
   
    Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
    Aimable médecin des angoisses humaines,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Qui même, aux parias, ces animaux maudits,
    Enseignes par l'amour le goût du Paradis,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    O toi, qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
    Engendras l'Espérance, — une folle charmante !
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui peux octroyer ce regard calme et haut
    Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
    Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi dont l'œil clair connaît les secrets arsenaux
    Où dort enseveli le peuple des métaux,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
   
    Toi dont la large main cache les précipices
    Au somnambule errant au bord des édifices,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui frottes de baume et d'huile les vieux os
    De l'ivrogne attardé foulé par les chevaux,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui, pour consoler l'homme frêle qui souffre,
    Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui mets ton paraphe, ô complice subtil,
    Sur le front du banquier impitoyable et vil,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles
    Le culte de la plaie et l'amour des guenilles !
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
    Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
    Confesseur des pendus et des conspirateurs,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
   
    Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère
    Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,
   
   
    O Satan, prends pitié de ma longue misère !
   
   
   
    Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
    Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
    De l'Enfer où, fécond, tu couves le silence !
    Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science,
    Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front
    Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront !
   
   
   
   


Pages liées




Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde. -- La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. -- L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini. -- Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. -- On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables. -- Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière. -- Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre. -- Qu'est-ce que l'amour ? Adorer, c'est se sacrifier et se prostituer. -- Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. -- Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, première édition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde édition (1861)
Le Spleen de Paris
Mon coeur mis à nu
Les Paradis artificiels
Comment on paie ses dettes quand on a du génie
Conseils aux jeunes littérateurs
Les Drames et les romans honnêtes
Peintres et aquafortistes
Morale du joujou
Madame Bovary par Gustave Flaubert
Du Vin et du Haschisch
Fusées
Le musée classique du bazar Bonne-Nouvelle
Exposition universelle
Les Misérables par Victor Hugo
Richard Wagner et Tannhäuser à Paris
Le peintre de la vie moderne
Choix de maximes consolantes sur l'amour
L'école païenne
Les fleurs du mal, fleurs maladives, la fleur du mal, fleurs du mal de Charles Baudelaire. Les Fleurs du mal Le Spleen de Paris, Les Petits poèmes en prose,poésie en prose, recueil majeur. Le Spleen de Paris e-coursier, envoi de fichiers volumineux
 
 
"La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même." 
 
Ajoutez cette page à vos favoris.            Recommander cette page à vos amis.            Inscrivez-vous à la lettre de diffusion.            Pourquoi pas de la littérature sur la toile ?...