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Les Fleurs du mal

Seconde édition

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LIII. L'Invitation au Voyage

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    Mon enfant, ma sœur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.
   
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
   
    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l'âme en secret
    Sa douce langue natale.
   
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
   
    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde ;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or ;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.
   
    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.


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Homme libre, toujours tu chériras la mer ! -- La musique creuse le ciel. -- La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté. -- Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère. -- Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables. -- On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables. -- L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. -- Le monde, monotone et petit, aujourd’hui, Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image : Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui. -- Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables. -- Ne cherchez plus mon coeur, les bêtes l'ont mangé -- J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises.Le Salon de 1845
Le Salon de 1846
Le Salon de 1859
La Fanfarlo
Les Fleurs du mal, première édition (1857)
Les Fleurs du mal, seconde édition (1861)
Le Spleen de Paris
Mon coeur mis à nu
Les Paradis artificiels
Comment on paie ses dettes quand on a du génie
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Le peintre de la vie moderne
Choix de maximes consolantes sur l'amour
L'école païenne
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"Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art." 
 
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