
Baudelaire sous l'effet du haschisch, par lui-même (1844)
L’ivresse – ses moyens, ses attraits et ses effets – est un thème récurrent dans l’œuvre de Charles Baudelaire. C’est dès 1843 selon Prarond qu’il commence l’écriture du Vin de l’Assassin, du Vin des honnêtes gens (qui devient l’Âme du Vin ) et le Vin des Chiffonniers. Quelques années plus tard, à l’hôtel Pimodan, écrivains et artistes se retrouvent pour des séances invitant à la découverte de la substance. Ces expérimentations, décryptant les effets de la drogue sur les comportements, inspirent Le Club des Haschischins à Théophile Gautier. Baudelaire assiste lui aussi à ses séances; bien qu’il n’en ait alors consommé que très modérément, il est fasciné par le procédé, qui porte l’homme à la « béatitude poétique ».
L’essai Du Vin et du Hachish (corrigé par Haschisch dans cette édition numérique) paraît en 1851, comme une ébauche des Paradis Artificiels publiés en 1860. Certaines éditions regroupent d’ailleurs ces textes, qui pourtant diffèrent par les idées que Baudelaire tente d’y suggérer. En effet, dans ce premier essai, Baudelaire s’attache davantage à décrire les comportement sociaux des consommateurs. Il y glorifie le vin, qui « rend bon et sociable ». Le haschisch est condamné parce qu’il est « antisocial », « il est fait pour les misérables oisifs ». Contrairement au vin, il n’incite pas à l’action et annihile toute volonté.
Si Baudelaire n’associe pas ce premier essai aux textes des Paradis Artificiels, c’est sans doute parce que son sentiment sur l’utilisation de ces drogues a évolué avec le temps et ses expériences.
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